Une autre idée brillante de l’ADQ : privatiser partiellement Hydro-Québec
07 11 2008Décidément, l’ADQ continue de se ridiculiser. Il propose de privatiser 7.5 % d’Hydro-Québec (HQ) pour en améliorer la gestion et utiliser l’argent ainsi généré pour payer une partie de la dette.
D’abord, qui a dit qu’HQ est mal gérée? Y a-t-il eu une commission d’enquête sur la question? L’ADQ prétend qu’elle est dirigée par les amis du gouvernement. Le président actuel, Thierry Vandal, est issu des rangs de l’entreprise et son prédécesseur venait de Gaz Métropolitain. Où sont les nominations politiques là-dedans? Il y en a sans doute au conseil d’administration, mais c’est normal que le parti au pouvoir essaie d’influencer les entreprises publiques dont il a la responsabilité. L’ADQ ferait pareil. De toute façon, il n’y a pas un gouvernement qui dure assez longtemps pour réussir à remplacer tous les membres du conseil à son avantage. Qu’il y ait du gaspillage ne fait aucun doute. Il n’y a pas de système de gestion parfait. Toutes les grandes entreprises qu’elles soient publiques ou privées font face à ce phénomène. Rien ne prouve qu’Hydro-Québec est pire que les autres.
Je ne suis pas d’accord pour qu’une poignée d’investisseurs profitent du rendement d’HQ au détriment de l’ensemble de la population. HQ remet 50% de ses profits nets au gouvernement, soit 1.5 milliard en 2006-2007. Le reste est réinvesti au développement de ce qui est une de nos plus grandes richesses collectives. Vendre 7.5 % de l’entreprise veut dire que 112 millions de profits aboutiraient dans les poches des investisseurs. Quels investisseurs? Ceux qui achèteront des actions et les entreprises du Québec selon L’ADQ. Même s’il y avait un programme pour permettre aux petits épargnants d’acheter des actions, éventuellement elles finiraient entre les mains de quelques investisseurs par le jeu des transactions boursières. Bombardier, SNC-Lavalin, Gaz Métro ou Stephen Jarislowski pourraient s’approprier ainsi une partie de notre trésor national et faire pression sur le gouvernement et l’entreprise pour obtenir des avantages ou des concessions. C’est inconcevable. Si on tient à utiliser HQ comme levier pour payer la dette nationale, il n’y a qu’à relever les tarifs comme le proposaient le Mouvement Desjardins et l’économiste Pierre Fortin. Mais c’est un autre sujet que je ne veux pas aborder ici. Il y a moyen de la réduire autrement qu’en bradant nos plus beaux morceaux.
L’ADQ me désespère. Constitutionnellement, il est assis entre deux chaises dans un trou noir appelé l’autonomie qu’il n’est pas capable de définir clairement lui-même. Et économiquement, il vient de s’assoir sur une chaise électrique qui va l’électrocuter du cul au cerveau pour brûler le peu de matière grise qu’il a. C’est normal que l’ADQ n’ait pas de vision, il est aveugle.
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Permalien
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